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Nous avons le plaisir de vous informer de l'inauguration de l'exposition à la Kunsthalle Bern (Berne - CH) de
Rita McBride & Koenraad Dedobbeleer TIGHT, REPEATING BOREDOM
Vendredi 3 octobre 2008 à 18h Exposition organisée par le Frac Bourgogne, Dijon (curator : Eva González-Sancho), en collaboration avec la Kunsthalle Bern (Berne - CH) et le PMMK - Musée d'Art Moderne d’Ostende (Ostende - BE). |
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vernissage à la Kunsthalle Bern le 3 octobre 2008 à 18h Exposition du 4/10 au 30/11/2008
autres évènements à la Kunsthalle Bern à l'occasion de l'exposition :
rencontre avec les artistes pour les étudiants en art le 03/10 à 14h
visites guidées tout public le 05/10 à 11h, le 21/10 à 18h et le 07/12 à 11h
visite guidée pour les enseignants le 06/10 à 17h30
visite guidée pour les séniors le 08/10 à 14h
Art Lunch les 28/10, 04/11, 25/11 et 02/12 à 12h30
circuit des galeries le 29/11 à 13h30
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Le Frac Bourgogne (21/06 > 12/09/2008), en collaboration avec la Kunsthalle Bern (4/10 > 30/11/2008) et le PMMK, Musée d’Art Moderne - Ostende (2009) invitent Rita McBride (née à Des Moines, États-Unis, en 1960) et Koenraad Dedobbeleer
(né à Halle, Belgique, en 1975) à concevoir une exposition pour la première fois ensemble. Pour l'occasion, ils ont produit des oeuvres
spécifiques, déplaçant dans l’espace d’exposition des structures architecturales. De ces détournements de
lieux réels dans l’espace d’exposition naît un nouvel espace à expérimenter, dans lequel le spectateur est
plongé dans un étrange ailleurs pourtant familier.
En initiant cette collaboration entre Rita McBride et
Koenraad Dedobbeleer, Eva González-Sancho – directrice
du Frac Bourgogne et commissaire de cette exposition -
a souhaité créer les conditions d’une expérience artistique.
N’ayant encore jamais travaillé ensemble, ces artistes
ont un intérêt commun pour les formes issues du réel.
L’un et l’autre procèdent à l’analyse d’éléments architecturaux
ou encore de mobiliers urbains, autant de
structures qui organisent l’espace. Par leur déplacement
et leur détournement dans le lieu d’exposition, ils témoignent
tout autant d’une approche sensible des formes
que d’une réflexion sur leur histoire et leurs conditions
de production économiques ou industrielles, ou encore
leur réception.
Rita McBride s’est intéressée à une forme de station-service
dont elle constatait le remplacement progressif
aux États-Unis, à Los Angeles plus précisément. On se
souvient de l’oeuvre qu’Ed Ruscha réalise en 1967,
Twentysix Gasoline Stations, où il répertorie au moyen de
la photographie les stations essence situées le long de
la route 66 entre Oklahoma et Los Angeles. Sans aucun
souci esthétique, il documente « l’étrange relation des
gens à leur environnement rural, sans soutenir ou
dramatiser cette étrangeté » (Ed Ruscha).
À la manière dont Ed Ruscha pouvait le faire avec la
photographie, Rita Mc Bride rend compte de « l’homme
moderne » en choisissant des stéréotypes hors contexte,
des formes ordinaires. Depuis la fin des années quatre-vingt,
elle mène une lecture critique de l’histoire de l’art
articulée à une analyse des constituants matériels et
politiques du monde actuel. Ses oeuvres d’une grande diversité
regardent avec beaucoup d’acuité l’art, le design et
l’architecture comme révélateurs du monde actuel. Elle
constate ici, à travers la disparition de certaines formes
de station-service, l’évolution de notre rapport à ces
lieux et à ce qu’ils représentent. La station-service est
le bâtiment type, devenu le symbole culturel de l’ère de
l’automobile. Son architecture n’a cessé d’évoluer au gré
des besoins fonctionnels mais aussi de l’évolution du
marché de l’essence. Le modèle qu’a choisi Rita Mc Bride,
et qui tend aujourd’hui à être remplacé, date de la fin
des années soixante. Il s’agit d’un modèle dit de « toit-abri
», où seule la fonction de distribution d’essence est
mise en avant. Le choix de ce type de bâtiment prend
évidemment un sens particulier aujourd’hui alors que la
fin de cette ressource est programmée.
Koenraad Dedobbeleer a, quant à lui, choisi de déplacer
la charpente en bois d’une sous-pente d’atelier . Sablière, chevrons, entrait, sont fabriqués à
l’identique et assemblés dans l’espace. Cette pratique de
déplacement n’est pas d’ordre patrimonial, tel que
peuvent le pratiquer les musées d’habitats ruraux par
exemple. Pas de mesure de conservation donc, mais une
confrontation qui crée un décalage à plus d’un titre.
La charpente en bois est donnée à
voir et expérimenter pour elle-même, structure
arachnéenne dans laquelle évolue le spectateur.
Koenraad Dedobbeleer fait reposer son travail, depuis
ses premières expositions à la fin des années quatre-vingt-
dix, sur la présentation d’objets et d’espaces qui
reçoivent des transformations très ténues. La présentation
est pour lui le fait « d’offrir ou de proposer quelque
chose qui soit volontairement ouvert, disponible ». C’est
pour lui une étude, non-scientifique, des possibles.
Dans La poétique de l’espace (1957) Gaston Bachelard
décrit les espaces de sa maison en y révélant les
multiples liens au mythe autant qu’à la rêverie.
Autrement dit, le réel n’est pas dissociable des
représentations diverses que nous en produisons. Au-delà
de cette référence déjà ancienne, c’est à l’incapacité
à épuiser le réel que s’intéresse l’artiste, qui aime à
qualifier son travail de « stand-by », d’état d’attente.
C’est sans doute dans cette phénoménologie sans entrave
qu’il faut envisager l’expérience de Koenraad Dedobbeleer.
La confrontation de ces deux oeuvres dans l’espace d'exposition révèle les multiples manières dont ces
deux artistes questionnent le réel dans l’espace de l’art.
Tous deux abordent l’espace à travers ce qui le structure,
l’architecture et ce qui en découle. Objet formel tout
autant que culturel, il est aussi pour Rita McBride pratique
de la sculpture tout autant qu’approche et construction
du paysage. Pour Koenraad Dedobbeleer il est expérience
protéiforme et ouverte. Cette collaboration donne à
éprouver le lien intrinsèque avec le réel, ligne de fuite
infinie, que poursuivent inlassablement les artistes.
Claire Legrand, responsable du service des publics du Frac
Bourgogne
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