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André MORIN
Né en 1952 - Dijon France

Depuis le début des années soixante-dix, André Morin s’est fait connaître dans le milieu de l’art contemporain français comme photographe d’expositions, dans le cadre de leur documentation visuelle. Il s’agit alors d’une pratique nouvelle, non codifiée, qui en raison de l’émergence concomitante de nombreuses expérimentations artistiques prenant les lieux en compte, pose la question de la « restitution partielle » d’une œuvre contemporaine, autant du point de vue de sa relation à son environnement direct que de celui de son autonomie propre. C’est pourquoi le « cliché documentaire » se doit davantage de restituer l’esprit d’une œuvre, et c’est pour cette raison qu’André Morin se trouve impliqué dans une relation forte avec les artistes eux-mêmes, cherchant à être au plus près de l’intention spécifique à chaque travail.
Mais c’est aussi aux questions de l’espace proprement dit qu’André Morin, comme photographe, se trouve confronté. Si les œuvres des artistes prennent en considération l’espace réel et « jouent » avec lui, André Morin, de son côté, développe un travail personnel autour de l’architecture et de son environnement.
En 1999, il accompagne Felice Varini à Mexico où ce dernier a réalisé une œuvre monumentale consistant en une vue partielle de la ville prise du haut d’un immeuble, puis imprimée en noir et blanc sur un panneau de 14 x 7,5 m et installée sur les toits : la vision de ce paysage urbain est assurée surtout depuis les avenues principales de la ville, c’est-à-dire pour les automobilistes. André Morin décide de réaliser des vues de l’installation en privilégiant les points de vue correspondant à sa propre situation, à savoir celle du piéton. À différentes heures du jour ou de la nuit, il réalise une série de clichés qui mettent en évidence l’intention de Felice Varini : produire une effraction dans le dispositif habituel des panneaux de publicité et des enseignes d’information (généralement très colorées ou lumineuses) qui constituent une surface de « lecture » qui cache la réalité des espaces architecturés de la ville et leurs perspectives réelles.
Av. Universitad n°584, Mexico City fait partie de quatre clichés qu’André Morin a tirés sur bâche et présentés à la galerie Jennifer Flay à Paris au mois de juin 1999. Il s’agit d’une des trois images diurnes, qui évacue complètement le point de vue de l’automobiliste. L’œuvre de Varini, vue du sol, est une apparition étrange qui survole les enseignes colorées d’une boutique de l’Avenue Universitad. Les différents plans du magasin, de ses enseignes et des immeubles, à l’arrière-plan, forment un ensemble fortement architecturé, renforcé par les contrastes d’une lumière zénithale de milieu de journée.
L’ensemble est « encadré » par la végétation qui borde les côtés de l’image et par l’œuvre de Felice Varini qui, en suspension dans l’espace, ouvre une perspective aérienne qui amène le spectateur au sentiment paradoxal de sa propre situation.

Emmanuel Latreille


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Œuvres de l'artiste
acquises par le FRAC Bourgogne
Av. Universitad n°584, Mexico City
Av. Universitad n°584, Mexico City, 1999

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Historique des expositions organisées par le FRAC Bourgogne auxquelles l'artiste a participé

Projections 2000



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Fonds régional d'art contemporain Bourgogne