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La première exposition personnelle d’Alighiero Boetti, à la galerie Stein, à Turin, en janvier 1967, comportait essentiellement des sculptures dans lesquelles il rendait manifestes des procédés de juxtaposition ou d’empilement de matériaux. Ces premières œuvres illustrent bien l’expression de « processus de pensée visualisés » dont Jean Christophe Ammann se servira pour désigner ce genre de travaux. En septembre de la même année, Alighiero Boetti participe à l’exposition collective organisée par Germano Celant Arte povera, qui donnera son nom au mouvement qui le fera connaître (à côté de Mario Merz, Jannis Kounellis, Luciano Fabro, Michelangelo Pistoletto, Giulio Paolini, etc). L’œuvre d’Alighiero Boetti est une méditation sur l’identité et l’anonymat, l’ordre et le temps. Sa Lampe annuelle de 1966 (qui s’allume onze secondes chaque année) ou ses montres dont les chiffres sont ceux de l’année en cours visualisent des idées du temps. Depuis Ping pong, de 1966, (deux caissons lumineux qui s’allument alternativement) de nombreuses œuvres mettent en scène la gauche et la droite ou le thème des jumeaux, et réfléchissent des problèmes de duplication. À partir de 1970, il a entrepris une enquête sur les fleuves les plus longs du monde, qui devait déboucher sur des œuvres comportant des cartes de géographie – dont certaines liées à des situations de conflits internationaux. Soucieux d’anonymat et d’artisanat, il fera réaliser de nombreux travaux en Afghanistan.
Territoires occupés figurait en 1978, dans la rétrospective de l’artiste, à la Kunsthalle de Bâle. Mais l’œuvre reproduite n’est pas ce même exemplaire (le tissu est plus neuf, non effiloché, de plus le diamètre donné est de cent-soixante centimètres). Il semblerait donc que plusieurs œuvres portent ce titre. Si cela est le cas, le fait doit être tenu comme une conséquence logique du mode de production délégué, qui suppose que, par le biais d’une pratique artisanale, le « modèle » peut-être réalisé plusieurs fois, non sans une certaine liberté d’interprétation. L’œuvre représente les territoires “occupés” par Israël, à la suite de la Guerre des six jours de juin 1967 : le Sinaï (en bas), la bande de Gaza, la Cisjordanie et le Golan. (Le tambour qui a servi à broder la toile de jute a été conservé.) Comme de nombreuses broderies réalisées depuis 1969, elle a été exécutée par des ouvriers afghans. En 1971-1973, Alighiero Boetti reviendra sur cette carte du Moyen-Orient avec La mappa. Comme les cartes brodées, ou le tissu de camouflage de 1966, Territoires occupés est directement liée à des considérations polémologiques.
Christian Besson
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Œuvres de l'artiste acquises par le FRAC Bourgogne
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| Territoires occupés, 1969 |
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