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Après un cours passage à l’École des Beaux-Arts de Rennes, où il se lie avec Jacques Villeglé, Raymond Hains se fait photographe. Il réalise en 1947 ses premiers photogrammes et solarisations ; ses recherches s’orientent vers la fragmentation de l’image au moyen de petits miroirs, puis de verres cannelés. À la même époque, il découvre le Lettrisme et rencontre l’un de ses fondateurs, Isidore Isou. Lorsque Jacques Villeglé s’installe à Paris en 1949, Raymond Hains a déjà photographié et filmé nombre d’affiches déchirées. Ensemble, ils décollent une série d’annonces de concerts et en font une composition : Ach Alma Manetro. En 1957, ils exposeront leurs œuvres communes à la galerie Colette Allendy. La même année, le support est prélevé avec l’affiche et La Palissade des emplacements réservés suscite des polémiques. « Raymond l’abstrait » devient « le dialecticien des lapalissades ». Le 27 octobre 1960, il participe, au domicile du critique Pierre Restany, à la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes. Tout son art est mû par une déroutante logique associative qui lui fait enchaîner des affiches aux palissades, de celles-ci aux lapalissades, aux délices de Lapalisse (un entremets), au chevalier de la Malice… Surnommé le « sigisbée de la critique (1) », il l’affole en l’alimentant d’une foule de petites histoires, d’arguments dérisoires et déconcertants. L’ensemble lié par de multiples associations forme un tout, une sorte d’œuvre qui ne renvoie qu’à elle-même sur le plan de sa logique interne. Le paradoxe est bien que cette œuvre, tissée de paroles et coextensive à la vie même de l’artiste, renouvelle ainsi de façon tout à fait originale le parti pris de l’art pour l’art.
En 1976, Daniel Abadie lui organise une grande rétrospective au Centre national d’art contemporain, rue Berryer à Paris. Quelques mois plus tard Raymond Hains présente à la galerie Verbeke une exposition intitulée Les palissades de Beaubourg où est exposée l’œuvre appartenant aujourd’hui au Frac de Bourgogne. Dans un texte d’introduction pour cette manifestation, Raymond Hains souligne son intérêt pour ce grand chantier parisien : « Les palissades du plateau de Beaubourg délimitent un emplacement réservé pour le centre d’art et de culture Georges Pompidou qui n’a pas donné son nom à un porte-avion ou à un sous-marin, mais à un bâtiment qui représente avec ses bouches d’aération la nef des armes de la ville de Paris ». Comme Le paysan de Paris d’Aragon, Raymond Hains ne cesse d’aller à la rencontre du hasard, et ses Palissades mettent un peu le spectateur dans une position de flâneur amusé.
Christian Besson
1. Sigisbée est issu de l’italien et désigne sur un mode ironique un « chevalier servant », un compagnon empressé, galant.
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Works of the artist in the Burgundy FRAC collection
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