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Jan J. Schoonhoven, dont les débuts de peintre remontent au milieu des années trente, s’est d’abord tourné vers la peinture expressionniste allemande, puis vers Paul Klee. Au sortir de la guerre, il occupera jusqu’à sa retraite un emploi de fonctionnaire à l’administration des postes de la Haye. Au début des années cinquante, il subit la forte influence de l’École de Paris et du Paysagisme abstrait. En 1957, il quitte toute référence et adopte le style informel (il fonde alors avec Armando et d’autres peintres tachistes le Groupe Informel Néerlandais). Il commence à remplacer la toile peinte par le relief, réalisé au moyen de la technique du papier mâché. En 1960, il fonde avec Armando, Henk Peeters et Jan Henderikse, le Groupe Nul qui veut allier évidence du fait plastique et évacuation de toute signification. Ce faisant, sa démarche rejoint celle d’autres groupes comme Azimuth à Milan ou Zéro à Düsseldorf et des artistes adeptes du monochrome comme Yves Klein, Lucio Fontana, Piero Manzoni, Heinz Mack, Otto Piene ou Gunter Uecker. Son œuvre se rapproche également de l’Art systématique par la répétition de modules. Parallèlement de nombreuses œuvres exécutées à la plume et à l’encre de Chine, dans lesquelles il a fini par retrouver une écriture informelle, témoignent jusqu’à sa mort de la constance de ses préoccupations. « La démarche de Jan J. Schoonhoven, écrit Serge Lemoine, se définit […] par l’absence : le relief est absence de surface, le blanc, l’absence de couleur, la répétition uniforme, l’absence de composition, le module, l’absence de motif, le papier mâché, l’absence de facture, ce caractère soustractif se retrouvant jusque dans la production peu abondante de l’artiste. [… Elles] ne signifient rien qu’elles-mêmes. À l’image des évidences, elles découragent tout commentaire. Mais elles s’imposent par leur présence visuelle et leur effet quasi tactile. »
R.72.46 (1972) trouve sans doute son origine dans le Premier relief sériel de 1960 (collection W. Hund, Francfort-sur-le-Main), dans lequel il expérimente pour la première fois cette structure répétitive de couleur blanche. Ces formes basiques (sorte de combinaison de modules alignés) sont exécutées à partir de nombreuses couches de papier collées les unes sur les autres sur une armature de carton. La composition obtenue, qui ne signifie rien en elle-même, crée avec la lumière un jeu de valeurs qui donne toute sa dimension à ce langage minimum. Cette surface, qui change d’aspect selon l’orientation de la lumière et convie le spectateur au balayage optique, n’est pas sans rappeler le mur écran avec ses brise-soleil de quelque bâtiment moderne.
Christian Besson / Laurent Bourdereau
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Works of the artist in the Burgundy FRAC collection
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